L’histoire des troupes coloniales est traditionnellement faite du point de vue du colonisateur, du commandement, du Blanc, car elle est dépendante des archives qui sont produites par l’autorité coloniale. Ainsi, les tirailleurs sont souvent des objets, des sujets et non de véritables acteurs. On parle d’eux, on leur prête des sentiments, mais au fond, ces soldats sont muets car leur parole n’existe pas ou peu dans les archives. Cependant, en mobilisant le contrôle postal, déjà fort sollicité en ce qui concerne le point de vue des poilus, mais beaucoup moins en ce qui concerne les troupes coloniales, il est possible de retrouver la voix des tirailleurs de la Grande Guerre. Si les Sénégalais restent difficiles à appréhender compte tenu de leur analphabétisme, en revanche les commissions de contrôle postal conservent des dossiers fournis concernant les tirailleurs nord- africains, malgaches ou indochinois, qui nous permettent de dresser ici l’esquisse d’un vécu et d’un ressenti personnel et privé. Que pensent les soldats de l’empire de la France et des français en guerre ? Et surtout, est-il possible d’inverser
le regard, de raconter la rencontre entre la métropole et ses coloniaux d’un point de vue qui n’est pas celui de l’européen ?

GRANDE SALLE

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