Par Geneviève Ginvert, professeure de philosophie au Lycée français de Djibouti et Gueid Hassan Elmi, professeur de philosophie au Lycée d’État.

Pourquoi l’anthropologie nous révèle-t-elle l’interprétation adéquate de la lutte à mort des frères devenus ennemis, qui jalonne tous les textes fondateurs ? Plus profondément encore, pourquoi celui dont on connait l’innocence certaine est-il pourtant condamné et tué ?
Pourquoi devient-il paradoxalement le pilier sacré, soutenant l’édifice social ?
René Girard nous a quitté en novembre 2015 à l’âge de 91 ans.
Toute sa vie, il a exploré les faces d’une seule intuition anthropologique extraordinaire : il n’y a de culture que par le moyen de la transcendance et la transcendance repose sur une violence originelle. Le sacrifice est alors la pierre d’angle du tout social et le bouc émissaire, l’innocent, est nécessaire à la paix de ce tout.

Deux philosophes enseignants de Djibouti vous invitent à déployer quelques rudiments d’une thèse troublante à partir de leur analyse de l’ouvrage « La violence et le sacré ».

Salle Simone Veil